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Essigny Le Grand

Canton de Moy.



Situation


Le musée de 14-18


La Dalle des Templiers




La Templerie




le lieu probable de sa situation


De Charles Poëtte

Sur le mur de l'église est accrochée une ancienne dalle dite "Dalle des templiers d'Essigny-le-Grand" provenant d'une ancienne commanderie qui se trouvait dans le secteur il y a fort longtemps.

Dans ses “Promenades autour de Saint-Quentin”, Charles Poëtte se réfère à la Société Académique et la décrit ainsi :

"Cette dalle est très ancienne, et ceux qui l’examinent sont portés à croire tout d’abord qu’il s’agit d’une pierre d’autel. Mais on reconnaît bientôt qu’il n’en est pas ainsi. D’ailleurs, notre distingué concitoyen, M. Joachim Malézieux, a donné, sur cette dalle, en 1878, à la Société Académique, lecture d’un intéressant travail duquel nous détachons les passages suivants : « Pour nous, ce monument n’est qu’une simple pierre tombale, ce qui ne diminue pas, du reste, l’intérêt qu’on doit y attacher. La disposition de la croix latine qui couvre la plus grande partie de la dalle indique le sens du monument : il doit être vu de haut. La présence du chef l’indique surabondamment. Cette disposition appliquée à une table d’autel serait au moins étrange.

La supposition que le prêtre aurait pu officier sur le côté droit d’une semblable table est du domaine de la fantaisie. D’un autre côté, en supposant l’officiant placé devant sur des faces larges, la croix se présente à lui de travers. Devrons-nous aller jusqu’à constater que la face rugueuse du grès, son mamelonnage naturel interdirait son emploi dans le sens d’une table d’autel.

C’est donc à une pierre tombale que nous avons affaire. Le choix de la matière est difficilement expliqué par la présence de carrières de grès dans le territoire même de la commune. L’âge du monument est assez difficile à préciser. Cependant il est possible de la classer parmi les rares vestiges carlovingiens de notre contrée.

D’une grande analogie linéaire avec les deux dalles mérovingiennes de Fervaques et celles de Glennes et d’Urcel, elle dénote cependant un procédé postérieur. Les contours en sont moins rudimentaires, plus effilés et aussi moins vigoureux et moins typiques. Le motif est bien le même que dans les quatre dalles désignées plus haut et classées comme mérovingiennes : une croix haussée accompagnée d’ornements sortants de bordure. Aucune inscription.

Il est à remarquer que la forme générale de la pierre diffère ici des dalles mérovingiennes. Elle n’est plus trapézoïdale, mais rectangulaire.

En somme, cette dalle porte les caractères archaïques de la période mérovingienne, perpétués, quoique altérés par les carlovingiens et, vu la grande pénurie de vestiges de ces époques dans notre contrée, il est à assurer que sa conservation soit assurée. »